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Politique énergie
Ile de La Réunion et énergie
choisir le chemin du développement durable
 

Les Réunionnais consomment de plus en plus d'énergie
Cette perspective de besoin (croissance annuelle de 8% pour l'électricité) est soutenue jusqu'à un équilibre démographique probable dans les années 2025. La Réunion voit sa dépendance énergétique augmenter régulièrement, fondée sur l'importation croissante de combustibles fossiles et de nombreux produits de consommation issus des filières de la pétrochimie. Ces achats d'énergie à l'étranger fragilisent notre économie insulaire. Ces perspectives exigent la connaissance, la réflexion, la concertation et des choix d'options technologiques et de sources d'énergie à organiser dès maintenant pour le long terme.

Mais comment concilier l'évolution de notre civilisation, le respect des accords internationauxsur les émissions de gaz à effet de serre et la sécurité d'approvisionnement en énergie pour notre île ?
Réponse naturellement apportée par le "PRERURE", Programme Régional de prospection et d'exploitation des Energies Renouvelables et l'Utilisation Rationnelle de l'Energie élaboré par la Région Réunion :

  • valoriser nos ressources locales d'énergie propre, telles que l'eau, le vent, le soleil, la biomasse, la géothermie et la maîtrise de l'énergie,
  • favoriser leur intégration dans les procédures d'urbanisme, dans les aménagements, les constructions, les transports et dans le réseau de distribution publique de l'électricité,
  • mettre en place une fiscalité locale qui favorise les choix d'investissement dans les technologies propres et les constructions durables,
  • organiser la filière administrative et financière pour déployer cette politique énergétique dans les décennies à venir.

Autant d'axes de travail évalués, quantifiés et proposés par le PRERURE, la Région Réunion, le SIDELEC, l'ADEME, EDF et l'ARER. Mais à quel prix ?
Là encore, des propositions sont formulées, qui démontrent que cette politique énergétique n'est pas plus onéreuse que le recours aux systèmes traditionnels de production d'énergie fondés sur le fossile, dès lors que l'analyse des coûts se regarde globalement.
Cela est d'autant plus vrai dans notre île, où les coûts de productions du kWh d'origine fossile sont trois ou quatre fois plus chers que ceux de l'hydraulique, tendance lourde qui ne fera que s'accentuer. Les ressources locales d'énergie de l'île sont des richesses à portée de main des Réunionnais, en quantité suffisante pour produire la plus grande partie de l'électricité et de la chaleur dont on a besoin sur l'île dans les années futures… sans oublier les avantages environnementaux et sur l'emploi local que génère l'exploitation de nos ressources locales d'énergie propre.

   

Difficile à mettre en œuvre ? De nombreuses questions sont en suspens
Les évolutions législatives récentes redessinent le panorama des acteurs de l'énergie. La programmation pluriannuelle de l'Etat français ne prend pas encore en considération le très fort potentiel de ressources locales d'énergie de l'île démontré par le PRERURE. L'instruction des aides publiques et des autorisations administratives au secteur "énergies renouvelables" est très complexe. Alors qu'il faut moins de deux jours pour équiper une maison en solaire photovoltaïque connectée au réseau de distribution publique de l'électricité, le dossier d'instruction de dossier auprès des serices compétents nécessite plus ou moins neuf mois.

Mais de nombreux atouts sont acquis à La Réunion !
D'abord, l'excellente connaissance de ces problématiques par un nombre croissant de Réunionnais, acteurs et citoyens à La Réunion et sur la planète. De plus en plus de Réunionnais ont pu éprouver le sérieux et la simplicité des technologies du solaire pour la maison individuelle. L'opinion publique réunionnaise est très à l'écoute de ces questions, les carrefours et forums d'échanges sont nombreux et structurés...
Le savoir-faire acquis grâce au label expérimental ECODOM, l'arrivée de la réglementation thermique adaptée à La Réunion, la directive européenne sur l'énergie dans les bâtiments, la poursuite du déploiement des filières ENR par les acteurs du comité de maîtrise de l'énergie sont des points d'appui stables. L'action des réseaux associatifs de l'environnement et du développement durable, l'émergence des compétences régionales en énergie et du SIDELEC comme concédant du réseau de distribution de l'électricité à EDF, l'implication des SEM dans le champ du développement durable, l'élaboration de l'agenda 21 régional sont autant de facteurs clés.

   

A La Réunion, de nombreux ouvrages de constructions réalisés ces dernières décennies témoignent aussi du savoir et de la capacité d'intégration des technologies de la construction par les maîtres d'ouvrage, les maîtres d'œuvre et les entreprises. Les techniques de l'Utilisation Rationnelle de l'Energie et des Energies Renouvelables sont en comparaison simples à intégrer dans les quartiers et les constructions.
D'ailleurs, il vous suffira pour vous en convaincre d'aller visiter le dernier né des lycées de la Région Réunion réalisé à Saint André : il s'agit d'un exemple de construction durable dans le référentiel HQE préfigurant un savoir-faire des acteurs réunionnais à généraliser.

 

Les Rencontres Energie Réunion de septembre et octobre 2003 sont l'occasion d'échanger, de se concerter, de performer sa connaissance de ces questions et se faire une idée plus précise des propositions des acteurs de l'énergie pour le long terme de l'île.

30% en moyenne des masses financières d'investissements faites par les acteurs réunionnais abondent directement le marché de l'énergie. Le choix d'investissement fait par un acteur économique, un particulier ou une collectivité induit donc directement le système énergétique de l'île et les coûts de fonctionnement et d'exploitation que son processus industriel, sa maison ou son siège social générera.
Question de compréhension et de choix, économique, social et environnemental, dont il faut débattre pour mettre en oeuvre le PRERURE.

 

Le déploiement de cette politique énergétique de long terme implique un effort dans la durée. Ces questions d'énergie pour l'île de La Réunion, et pour les îles de l'océan Indien sont à poursuivre par tous les acteurs de l'énergie.